Y a-t-il une alternative à l’électromobilité dans les transports routiers ?

Y a-t-il une alternative à l’électromobilité dans les transports routiers ?

La décarbonation totale de nos sociétés à l’horizon 2050 est un objectif incontournable face au changement climatique. Or, le secteur des transports, représentant environ 30 % des émissions de gaz à effet de serre, doit relever un défi majeur. Parmi ces émissions, le transport routier (voitures particulières et poids lourds) est le principal responsable. Pour parvenir à une mobilité neutre en carbone, trois grandes solutions sont aujourd’hui envisagées :

  • L’électrique à batterie
  • L’hydrogène avec une pile à combustible
  • Les biofuels (éthanol et biodiesels)

L’impasse des biofuels

Les biocarburants sont produits à partir de ressources d’origine terrestre (plantes, huiles, déchets organiques). Toutefois, leur production est fondamentalement limitée par la disponibilité des terres agricoles et entre en concurrence avec l’alimentation humaine et animale. Par ailleurs, leur impact réel sur la réduction des émissions reste débattu, notamment en raison des émissions indirectes liées à l’utilisation des sols. Il est donc illusoire de penser qu’ils pourront répondre à la demande colossale du transport routier.

L’illusion de l’hydrogène

L’hydrogène est souvent présenté comme une alternative prometteuse, mais il souffre de défauts majeurs. Son cycle de production et d’utilisation est extrêmement inefficace sur le plan énergétique. Produit à partir d’eau et d’électricité, l’hydrogène subit des pertes thermiques à chaque étape : lors de son électrolyse, de son stockage, de son transport et de sa conversion en électricité via une pile à combustible. In fine, son rendement énergétique ne dépasse guère 20 %. Autrement dit, il faudrait produire 3 à 4 fois plus d’électricité pour alimenter un véhicule à hydrogène que pour un véhicule électrique à batterie.

De plus, l’hydrogène présente des problèmes de stockage et de distribution. Son transport requiert des infrastructures coûteuses et complexes, avec des risques accrus en matière de sécurité. Enfin, la production d’hydrogène vert à grande échelle reste aujourd’hui marginale, et la majorité de l’hydrogène utilisé provient encore de sources fossiles.

La supériorité évidente des batteries

Face à ces limites, la solution électrique à batterie s’impose comme la seule option viable. Son efficacité énergétique dépasse les 75 %, permettant une utilisation optimale de l’électricité disponible. Les avancées technologiques récentes ont considérablement amélioré la densité énergétique des batteries, réduisant les temps de charge à seulement 20 minutes pour les modèles les plus avancés. Les infrastructures de recharge rapide en courant continu (800V voire 1000V) permettent aujourd’hui de ravitailler les véhicules en un temps record, sans risque de surchauffe.

Par ailleurs, le recyclage des batteries progresse rapidement, avec des taux de récupération supérieurs à 95 %. L’industrie européenne s’organise pour développer une filière locale, limitant ainsi l’empreinte carbone liée à l’extraction des matériaux.

Un enjeu de coût et d’accessibilité

Il reste certes un obstacle : le coût initial plus élevé des véhicules électriques par rapport aux motorisations thermiques amorties depuis des décennies. Toutefois, des solutions existent pour démocratiser leur usage :

  • Le partage des véhicules (autopartage, covoiturage) permet d’optimiser leur utilisation.
  • L’adaptation de la taille des véhicules en fonction des besoins (petites citadines pour les déplacements courts, poids lourds électriques pour la logistique urbaine).
  • Une réduction progressive des coûts grâce à la massification de la production et aux progrès technologiques.

Conclusion : l’avenir est électrique

En résumé, aucune alternative ne présente autant d’avantages que la motorisation électrique à batterie. Ni les biofuels, ni l’hydrogène ne peuvent réellement répondre à l’ampleur du défi climatique. Seule l’électrification massive des transports routiers, associée à une production d’électricité bas-carbone, permettra de réduire durablement les émissions de CO2.

L’enjeu est donc clair : investir massivement dans les infrastructures de recharge, favoriser l’innovation et encourager l’adoption des véhicules électriques pour garantir une mobilité durable et accessible à tous. Le choix est fait : l’avenir de la route est électrique !

Christophe Brusset
Consultant en Mobilité Durable
brusset-conseil.fr/

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