Le transport maritime mondial est confronté à un défi existentiel. Chaque année, les navires rejettent plus de 230 millions de tonnes de fioul dans l’atmosphère, représentant plus de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Un chiffre vertigineux qui menace directement nos objectifs climatiques.
Mais comment remplacer cette masse colossale d’énergie ? L’équation s’avère rapidement insoluble avec les énergies renouvelables.
L’impossible pari des énergies vertes
Il faut considérer un instant l’ampleur du défi : pour simplement remplacer le fioul maritime actuel (230 Mt par an) par des e-fuels via l’éolien, en tenant compte des ratios de rendement énergétique, il faudrait construire l’équivalent de 122 200 km² de fermes éoliennes en mer. Pour mettre cette surface en perspective, c’est l’équivalent de la moitié du territoire des Pays-Bas, entièrement couvert d’éoliennes, à usage exclusif de la production d’e-fuel pour le maritime.
Le solaire n’est guère plus prometteur. Produire suffisamment d’énergie nécessiterait de doubler la surface mondiale actuelle de panneaux photovoltaïques. Un scénario tout simplement irréaliste.
Le nucléaire : une solution réaliste et immédiatement disponible
Les économies d’énergies envisageables grâce au vélique, à la reprise des carènes ou à l’optimisation des itinéraires ne permettront pas de répondre à un tel défi. Face à cette impasse, la propulsion nucléaire maritime apparaît comme une voie réaliste de décarbonation.
Des atouts décisifs
Contrairement aux énergies renouvelables, le nucléaire offre :
- Une production d’énergie massive et constante
- Zéro émission de CO₂ pendant la navigation
- Une autonomie de plusieurs années sans ravitaillement
- Une technologie déjà maîtrisée dans le domaine militaire
La France, une chance nationale
Notre pays dispose de tous les atouts pour devenir le champion mondial de cette révolution technologique :
- Un leadership historique dans le nucléaire civil
- Des fleurons industriels comme Naval Group, EDF et TechnicAtome
- Un vivier de startups innovantes travaillant sur les Small Modular Reactors (SMR)
- Une réglementation et une expertise en matière de sûreté nucléaire
Un choix stratégique, pas une option
Le développement de la propulsion nucléaire maritime n’est plus un choix technologique, mais un impératif écologique et économique.
Un investissement pour l’avenir
En misant sur cette technologie, la France peut :
- Créer des milliers d’emplois hautement qualifiés
- Renforcer sa souveraineté énergétique
- Exporter son expertise à l’international
- Contribuer significativement à la lutte contre le réchauffement climatique
Donner à la France une position de leader
À l’heure où le Royaume-Uni s’engage résolument dans l’exploration du potentiel de la propulsion nucléaire civile pour le transport maritime, la France ne peut se permettre de rester spectatrice. Dotée d’une expertise nucléaire et navale exceptionnelle, notre pays dispose de tous les atouts pour prendre le leadership dans ce domaine stratégique.
Le développement d’une filière française de propulsion nucléaire maritime civile représente une opportunité unique de conjuguer excellence technologique, ambition industrielle et engagement environnemental. C’est maintenant qu’il faut agir pour que la France ne manque pas ce tournant historique de la décarbonation du transport maritime mondial.